Dans ma dernière note, ou plutôt dans ma première note officielle sur Typepad, je vous ai parlé de lectures de littérature américaine contemporraine, de cinéma et de Chicago. Est-ce un hasard? J'ai vu récemment un film inclassable intitulé Le fil du rasoir sorti en 1946 avec Tyrone Power et Gene Tierney, adapté (plus ou moins bien) du roman semi-autobiographique de Sommerset Maugham, que je suis entrain de lire en pointillé.
Ce qui est assez troublant, c'est que l'action du début du film est censé se dérouler...à Chicago, là-même où j'avais laissé l'acteur dans mes souvenirs cinématographiques, après la vision il y a quelques mois de L'incendie de Chicago, où l'on voit un Tyrone Power très jeune et encore peu marqué par les épreuves de la guerre, qu'il connaîtra véritablement dans les années 40 . Mais le plus déroutant, dans la vraie histoire de sa vie, c'est qu'il a commencé sa carrière d'acteur de théâtre, puis de cinéma à Chicago et qu'il est mort jeune d'une crise cardiaque, dans les mêmes circonstances que son père. Je vous conseille à ce titre la lecture de l'excellent blog sur les "légendes du cinéma", dont voici le lien vers la biographie de Tyrone Power.
Dans le film, on voit un héros en prise à des aspirations métaphysique, à la recherche d'abolsu, qu'il va trouver au fur et à mesure de ces pérégrinations en France et en Inde. Autant vous dire que c'est un peu plus profond que l'histoire quand bien même réelle d'Elizabeth Gilbert...auteur du livre à succès Mange, prie et aime, adpaté au cinéma avec Julia Roberts. Tyrone Power est troublant de verité et l'on comprend combien le voyage peut être aussi bien source de richesse intérieure que de désillusions.
Sur ce dernier point, George Hagen semble nous en faire la cruelle observation dans son roman La famille Lament, une bande originale qui au grè de son périple d'Afrique du Sud au Barhein, en passant par l'Angleterre, finit par accepter son destin dans une Amérique profondément conservatrice et encore florissante des années 60. Un roman qui se lit avec beaucoup de plaisir au début, mais qui s'essoufle vers la fin et s'achève sur un sentiment d'inachevé, de baclé. Dommage...
J'ai désormais pris un virage dans mes lectures, en découvrant avec plaisir que l'excellent maison d'édition Zulma avait enfin réussi à faire publier en France un autre roman du Mexicain David Toscana, après L'ultimo lector, qui est -comme le savent ceux qui me suive depuis quelques temps sur Vox et j'espère ici sur Typepad maintenant - est un de mes livres favoris. Avec Un train pour Tula, je ne suis pas déçue. On y retrouve la patte bien particulière de l'auteur hispanophone. Mais je vous en dirai plus dans ma prochaine note...
Toujours est-il que tous ces faits relatifs à la ville de Chicago, à travers mes lectures et les livres que j'ai pu voir, m'amènent à penser qu'il existe une corralation profonde, un lien intangible entre la lecture et le cinéma dans mon parcours et cette certitude me confirme dans mon "projet littéraire"...